C’est après cette formation de deux ans que les portes s’ouvrent à lui. Lors d’un séjour à Los Angeles, il fait la rencontre de Joe et Nickie Shapira, les dirigeants de l’entreprise JNS Capital. ? Ils cherchaient des investisseurs au Congo et je leur ai servi d’interprète. Ils étaient intéressés par mon profil – surtout parce j’ai des contacts et que je suis bilingue fran?ais-anglais – et m’ont proposé de gérer leur filiale JNS Congo. ? Un an durant Patrick travaille en tant que directeur des opérations dans une filiale d’achat et de revente de diamants située à Kinshasa.
Ce poste ne pouvait pas mieux tomber, les parents de Patrick sont d’origine congolaise, un pays qu’il conna?t très bien. ? Je faisais surtout de la gestion dans cette société. Je suis plut?t communicant et commercial, mais j’ai beaucoup appris, aussi bien humainement que techniquement. ? Un an après, Patrick revient en France. Il étudie l’ingénierie commerciale dans l’école de commerce ITIC Paris pendant un an. Les études terminées, il retourne au Congo, ouvre un paint-ball avec ses cousins à Lubumbashi et s’investit dans deux autres projets dans la foulée. Il crée son propre parc d’attraction (ci-contre) : ? J’ai soumis cette idée à Mo?se Katumbi, le gouverneur de la province du Katanga, il m’a complètement aidé et soutenu pour les financements. ?Dans le même temps, Nickie Shapira, son ancienne patronne, le contacte pour lui demander s’il serait d’accord de participer à l’organisation d’un show télévisé : le Vodacom Superstar. C’est une sorte de téléréalité comme La Nouvelle Star et autres Pop Star, qui se déroule dans quatre provinces du vaste pays, et dont le parrain est le chanteur de Rn’B Akon. Patrick a gardé de très bon contact avec lui. Le jeune homme d’affaires est chargé de l’organisation de l’émission dans la province du Katanga, celle où se situe son parc d’attraction.
Patrick se veut modeste : ? Beaucoup ont fait et feront encore plus que moi, je pense plut?t à ce que je n’ai pas encore fait. Je n’ai ni fierté ni mérite. ? Aucun complexe non plus. Ses origines banlieusardes ne sont pas un fardeau pour lui : ? Les gens savent d’où je viens et ?a n’a pas l’air de les déranger, ce qui les intéresse c’est l’expérience. ?
Alors évidemment, Congo, diamants, guerre civile, des centaines de milliers de morts entre 1998 et 2003, à une époque où Patrick sortait à peine de l’enfance. Le commerce du diamant, c’est pas un peu lourd à assumer ? Patrick ne supporte pas qu’on lui dise qu’il exploite la misère : ? Un type creuse librement, trouve un diamant, vient me le vendre à la capitale, en quoi j’ai exploité la misère ? ? Pour lui, rien dans ses activités n’est lié à l’exploitation des pauvres. On comprend que ses affaires lui rapportent de l’argent, mais il préfère rester discret sur le sujet.
Un autre projet lui passe par la tête : la saison des pluies approche au Congo et il aimerait fournir des bottes imperméables aux compagnies minières. Beaucoup d’idées et du travail qui ne manque pas pour un jeune homme qui passe son temps à faire des allers et retours entre la France et le Congo. ? Je n’ai pas quitté la France, j’ai même un appartement en banlieue. ? S’il a réalisé la plupart de ses projets dans son pays d’origine, c’est que, dit-il, le contact y est plus facile et les opportunités plus nombreuses. ? En France, c’est un peu saturé, mais si une occasion se présente, ce serait avec grand plaisir, c’est juste que je n’ai pas encore d’idée. ? Patrick regarde droit devant lui. Le conseil qu’il donne aux jeunes : ? Ne pas avoir peur de ses rêves et se donner au maximum les moyens de réussir. ?
Imane Youssfi
Photo du haut : Patrick Kalombo, à droite, en compagnie du chanteur Akon.
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